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  • La rédaction

Le Collectif "Usine du Sud = Usine Pays" en marche vers de nouvelles discussions

Crédits photo : ICAN

Alors que la mobilisation du collectif USUP ce jeudi en baie de Prony a donné lieu à des exactions condamnées aussitôt par Vale NC, une marche pacifique était organisée hier au départ de la place de la Paix jusqu’au Mwa Ka avec pour slogan « un environnement sain pour un climat de paix ». Un jour symbolique puisque ce 12 février devait normalement correspondre à la date butoir du compromis de vente entre Vale Canada et Prony Ressources.


A l’issue de la marche, les 500 manifestants composés de délégations arrivant, pour partie, du Centre et du Nord ont pu assister aux différentes interventions des responsables coutumiers, politiques, associatifs et syndicaux du Collectif.


Outre le sujet environnemental dont les positions des uns et des autres semblent converger, les questions liées au montage du futur actionnariat et à la présence d’un industriel aguerri restent au cœur des préoccupations. Pour cause, plusieurs intervenants ont laissé entrevoir l'idée d'engager des discussions avec Vale et la province Sud suite à l’appel du pied de sa présidente le 5 février dernier. Des discussions qui doivent permettre de sortir de ce dossier « par le haut ». Mais pour les responsables du Collectif deux sujets devront être positionnés de manière ferme et claire.


D’une part, le retour des titres miniers à une entité « pays » majoritaire dans le nouvel actionnariat et qui portera les intérêts des collectivités publiques, à l’instar aujourd’hui de la Société de Participation Minière du Sud Calédonien (SPMSC) composée des provinces Sud (50%), Nord (25%) et îles Loyauté (25%). D’autre part, la reprise de l’usine par un industriel expérimenté, condition sine qua non pour garantir la maîtrise du process hydrométallurgique et donc contenir les impacts sur la biodiversité.


Conscients que la recherche et l'engagement d'un industriel ne pourront pas être bouclés d'ici fin mars, les responsables du Collectif ont rappelé le courrier transmis le 29 décembre au ministre des Outre-mer. Il y est justement proposé une période de transition gérée par l'Etat et Vale dans l'attente d'un nouvel industriel repreneur. Mais même si lors de ces vœux le ministre a laissé entendre une implication de l'Etat dans le futur actionnariat, aucune confirmation officielle ni aucune précision n'ont été communiquées à ce jour.


Reste enfin le tandem Trafigura/Beurrier contre lequel s’est farouchement opposé le Collectif. Selon nos sources, la Compagnie financière de Prony dirigée par l’actuel PDG de Vale NC pourrait finalement être mise hors-jeu. Il se dit qu’à Paris, face à l’instabilité dans laquelle ce dossier a plongé le pays, il serait envisageable d’exclure définitivement Beurrier et sa société de l’échiquier pour ne conserver qu’une participation minoritaire de Trafigura. Quid de l’aval du Collectif ? Cela reste toutefois à confirmer mais une chose est sûre c’est que rien n’est encore joué dans ce dossier et tout reste en discussion.

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